Position d'EV Belgium: Surmonter la Congestion pour le Déploiement des Bornes pour VE
La Belgique se trouve à un tournant décisif en matière d’électrification. L’électrification de l’industrie, de la mobilité et des bâtiments constitue un levier essentiel tant pour la compétitivité économique que pour la réalisation des objectifs climatiques. Cependant, cette évolution se heurte de plus en plus aux limites du réseau électrique. EV Belgium regrette de constater que ses membres, qui souhaitent investir dans l’électrification de la mobilité — et ainsi réduire la dépendance de la Belgique vis-à-vis des combustibles fossiles importés et polluants —, se heurtent actuellement à des obstacles liés au manque d’infrastructures du réseau. Il existe d’énormes files d’attente pour les raccordements en Flandre et en Wallonie, ce qui pose un réel problème pour la transition énergétique.
Le coût d’opportunité de l’inaction est stupéfiant : actuellement, 7 milliards d’euros d’énergie renouvelable sont gaspillés chaque année en Europe en raison d’un manque de demande en électricité lors des pics de production renouvelable. Pour exploiter cet immense potentiel, les décideurs politiques et les gestionnaires de réseau doivent s'engager pleinement aux côtés du secteur de la mobilité électrique. Le cadre réglementaire doit être modernisé afin de valoriser la flexibilité, et nous devons établir ensemble les conditions propices à la transition vers la mobilité électrique ainsi qu'à l'évolution sociétale plus large vers les énergies à faibles émissions.
Finalement, la transition doit être économiquement viable pour tous les acteurs concernés. Grâce à des mesures d'encouragement, à des modèles de tarification dynamiques et à la possibilité donnée aux gestionnaires de réseau d'acheter des services de flexibilité, nous pouvons inciter à adopter des comportements responsables plutôt que de recourir à des mesures punitives.
Executive Summary
La Belgique se trouve à un tournant décisif en matière d’électrification. L’électrification de l’industrie, de la mobilité et des bâtiments constitue un levier essentiel tant pour la compétitivité économique que pour la réalisation des objectifs climatiques. Cependant, cette évolution se heurte de plus en plus aux limites du réseau électrique. EV Belgium regrette de constater que ses membres, qui souhaitent investir dans l’électrification de la mobilité — et ainsi réduire la dépendance de la Belgique vis-à-vis des combustibles fossiles importés et polluants —, se heurtent actuellement à des obstacles liés au manque d’infrastructures du réseau. Il existe d’énormes files d’attente pour les raccordements en Flandre et en Wallonie, ce qui pose un réel problème pour la transition énergétique. Les contraintes du réseau ne doivent en aucun cas ralentir l’électrification ou l’adoption des véhicules électriques. Au contraire, la poursuite des investissements dans l’électrification est essentielle pour atteindre les objectifs politiques à long terme.
Le coût d’opportunité de l’inaction est stupéfiant : actuellement, 7 milliards d’euros d’énergie renouvelable sont gaspillés chaque année en Europe en raison d’un manque de demande en électricité lors des pics de production renouvelable. Un événement récent survenu le lundi de Pâques 2026, qui a vu un excédent de 1,4 GW d’électricité photovoltaïque, a mis en évidence l’importance cruciale de la flexibilité. Une recharge flexible des véhicules électriques aurait pu réduire considérablement cet excédent, permettant ainsi de réaliser des économies de plusieurs millions d’euros en une seule journée. Ne pas intégrer les véhicules électriques et d’autres solutions en tant qu’acteurs actifs du réseau entraînera des dépenses d’investissement supplémentaires massives et inutiles dans le cuivre et le câblage. Pour relever ces défis et réduire les coûts sociétaux de la transition énergétique, EV Belgium appelle vivement les décideurs politiques, les gestionnaires de réseau et les acteurs du secteur à reconnaître que les véhicules électriques (VE) ne sont pas de simples consommateurs d’énergie ; ils constituent le plus grand atout de flexibilité inexploité au sein de l’ensemble de notre écosystème énergétique. Ils ne représentent en aucun cas un fardeau pour le réseau. Contrairement aux charges électriques industrielles traditionnelles, la recharge des VE est intrinsèquement flexible. Les véhicules électriques sont des « batteries sur roues » et constitueront un élément essentiel de la solution à notre défi croissant en matière de flexibilité.
En tirant parti des technologies de recharge intelligente et de « Vehicle-to-Grid » (V2X/V2G), nous pouvons optimiser les infrastructures existantes et réduire considérablement le coût sociétal de la transition énergétique. Elia estime qu'une flexibilité accrue chez les utilisateurs finaux pourrait permettre au réseau électrique belge d'économiser jusqu'à 500 millions d'euros par an. En supposant que 50 % de ces économies soient réalisées grâce à l'utilisation du V2X, cela représenterait une économie d'environ 250 millions d'euros par an.
Pour exploiter cet immense potentiel, les décideurs politiques et les gestionnaires de réseau doivent s'engager pleinement aux côtés du secteur de la mobilité électrique. Le cadre réglementaire doit être modernisé afin de valoriser la flexibilité, et nous devons établir ensemble les conditions propices à la transition vers la mobilité électrique ainsi qu'à l'évolution sociétale plus large vers les énergies à faibles émissions. Pour y parvenir, il est nécessaire d'agir sur cinq axes clés :
- Les véhicules électriques, alliés du réseau électrique : En reconnaissant que les véhicules électriques et les infrastructures de recharge constituent le plus grand potentiel de flexibilité inexploité du système énergétique, les décideurs politiques et les gestionnaires de réseau peuvent tirer parti de la recharge intelligente et des technologies « Vehicle-to-Grid » pour équilibrer la demande énergétique.
- La nécessité d'investir dans le réseau : Les solutions intelligentes ne remplacent pas les modernisations matérielles ; les gestionnaires de réseau (GRT/GRD) doivent continuer à investir dans les transformateurs et le câblage afin de résoudre les défis structurels afin d'éviter la congestion.
- Améliorer la transparence du réseau : Les GRT et les GRD doivent fournir des cartes de capacité en temps réel et visualiser l'allocation des capacités existantes afin de faciliter la planification stratégique et de réduire les coûts irrécupérables.
- Mettre en place des incitations commerciales et favoriser la flexibilité : Gérer la congestion par une tarification financièrement adéquate — telle que les tarifs en fonction de l'heure de consommation — plutôt que par des restrictions punitives. Supprimer les obstacles qui entravent l'accès aux marchés de la flexibilité (contrats B2C/B2B sans flexibilité ou à flexibilité limitée) et miser sur la digitalisation (compteurs intelligents)
- Repenser l'attribution des ressources du réseau : Actualiser le modèle obsolète « premier entré, premier sorti » (FIFO) et ajouter des filtres de maturité afin d'éliminer la « congestion fantôme ». Si cela s'avère insuffisant, d'autres solutions devront être envisagées.
Finalement, la transition doit être économiquement viable pour tous les acteurs concernés. Grâce à des mesures d'encouragement, à des modèles de tarification dynamiques et à la possibilité donnée aux gestionnaires de réseau d'acheter des services de flexibilité, nous pouvons inciter à adopter des comportements responsables plutôt que de recourir à des mesures punitives. EV Belgium souhaite soutenir les nouveaux gouvernements dans la mise en œuvre de leur vision visant à alimenter la Belgique en électricité abordable, produite localement et propre, afin de renforcer notre sécurité énergétique et notre approvisionnement pour tous.